Auguste Rodin est un artiste qui a été particulièrement attentif aux gestes, mais aussi à ce qu'ils pouvaient signifier de la psyché de ses personnages. Il a ainsi fait passer beaucoup d'émotionnel (le sien et celui de ses modèles) dans ses sculptures. Avant de méditer sur l’œuvre reproduite ici, je vous invite à être présent(e) à vous-même pour commencer, et en particulier à vos mains. Soyez attentifs à toutes les sensations que vos doigts et les paumes de vos mains peuvent « collecter ». Le sens du toucher est en effet exacerbé au niveau des mains. Nous pouvons faire l’expérience d’une grande variété de sensations à cet endroit de notre corps. Peut-on se laisser absorber quelques instants par les expériences, l’aventure même que peuvent mener nos mains sur le tissu de nos vêtements par exemple, ou sur notre peau ? Là aussi, le mental intervient pour mettre des mots, des pensées sur ces sensations, mais à tout moment, vous pouvez ramener l’attention sur le sens du toucher qu’expérimente vos mains. C’est justement de mains qu’il est question avec la Cathédrale d’Auguste Rodin, réalisée en 1908 et conservée au Musée Rodin à Paris.

Il n’est pas aisé de méditer sur une sculpture reproduite en photo, mais si on amène la méditation sur un plan double : non seulement avec le sens de la vue, mais aussi celui du toucher en faisant un parallèle avec nos propres mains, l’expérience est intéressante et enrichissante. On peut en effet voir et ressentir les détails de la taille de la pierre, à la fois subtile et évidente, en témoignent les traces d’outils laissées à dessin dans la pierre blanche. On peut aussi ressentir l’envie de refaire ce geste simple et beau ; et, à l’essai on prend conscience que ce sont deux mains droites et qu’il est impossible de le recréer seul. Il y a quelque chose de non seulement sensuel, mais aussi de sensible dans l’œuvre de Rodin en général, et dans cette sculpture en particulier. Les gestes représentés nous renvoient à nous-même, au ressenti de notre propre corps. D’ailleurs, malgré leur isolement, leur détachement d’un corps global, ces deux mains forment ensemble un autre corps, esquissant un geste éternel, qui, bien qu’il ne soit pas strictement « réaliste » est peut-être beaucoup « parlant » qu’un portrait. 

 

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